Alerte de l'Agence européenne
Drogues: de nouveaux produits ne cessent d'apparaître
De nouveaux produits à base de cannabis ne cessent d'apparaître, tandis que la gamme d'opioïdes et de stimulants commercialisés ne cesse de s'élargir, confrontant les consommateurs à de nouveaux risques sanitaires, a mis en garde mardi l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA).
L'an dernier, 50 'nouvelles substances psychoactives' (NSP) ont été signalées pour la première fois en Europe, portant à 1.050 le nombre total de substances surveillées par l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA).
Parmi celles-ci figurent de nouveaux opioïdes synthétiques puissants, qui présentent un risque accru d'intoxication potentiellement mortelle.
Rapport européen sur les drogues 2026
La cigarette électronique comme porte d'entrée
Le vapotage constitue aussi une source d'inquiétude. Des cigarettes électroniques contenant d'autres substances que la nicotine, comme des formes de cannabis de synthèse et semi-synthétiques, ont été saisies dans des États membres de l'UE. Des cigarettes électroniques pourraient être utilisées pour d'autres substances nocives, notamment de nouveaux opioïdes synthétiques, selon l'EUDA.
L'incidence des marchés des drogues sur la sécurité de l'Europe n'est plus à démontrer. "L'intimidation et la violence liées aux drogues restent préoccupantes, notamment l'exploitation et le recrutement de jeunes vulnérables par des groupes criminels pour le trafic de drogues et la perpétration d'actes de violence."
Plus de 7.000 overdoses
"Les derniers chiffres annuels font état d'au moins 7.600 décès par surdose", souligne le commissaire aux Affaires intérieures Magnus Brunner. Il met en avant le système d'alerte précoce de l'UE, qui permet de détecter les nouvelles tendances assez tôt, ainsi que le plan d'action de l'UE contre le trafic de drogue présenté l'an dernier.
"En renforçant la coopération internationale, nous mettons en place un front mondial pour lutter contre ce commerce criminel", exhorte-t-il.

La drogue passe par des ports plus petits
Concernant les filières d'acheminement, la Belgique est très impliquée dans le partenariat public-privé de l'alliance des ports européens, lancée il y a deux ans pour lutter contre la criminalité organisée et le trafic de drogue. Cela s'est notamment traduit dans une baisse du volume de cocaïne intercepté en Europe, qui est tombé à 330 tonnes en 2024, contre 419 tonnes en 2023, a fait observer Lorraine Nolan, directrice de l'EUDA.
Mais à la suite de l'intensification des contrôles dans les plus grands ports, les criminels ont de plus en plus souvent recours à des ports de moindre importance, à des vedettes rapides voire à des semi-submersibles, des drones et des techniques de dissimulation sophistiquées. "L'alliance des ports européens devrait donc s'étendre à de plus petits ports", préconise la directrice.
L'usage de kétamine s'accroît
Le rapport note aussi que l'usage de la kétamine comme drogue reste relativement faible en Europe, mais qu'il s'accroît dans certains milieux fréquentés par des jeunes et dans des lieux de vie nocturne, où cet anesthésiant est généralement sniffé sous forme de poudre.
Les risques pour la santé vont de l'intoxication aiguë aux dommages chroniques, tels que des lésions graves de la vessie.