Près de 2,4 millions de Belges bénéficient d'une intervention majorée
Selon des chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) publiés ce mercredi par L'Echo et De Tijd, près de 2,4 millions de Belges bénéficiaient d'une intervention majorée (BIM) au 30 juin 2025.
Depuis juin 2020, le nombre de bénéficiaires a augmenté de près de 400.000 - pour concerner désormais 21% des Belges -, soit une croissance plus rapide que l'augmentation de la population.
"Cette augmentation générale est le reflet de la paupérisation de la société."
- Dr Patrick Emonts (ABSyM)
Cette évolution a été renforcée en octobre 2024 par l'entrée en vigueur de l'accès automatique au statut BIM pour les personnes isolées bénéficiant d'allocations de chômage depuis trois mois consécutifs au moins, et les isolés en incapacité de travail ou invalides depuis trois mois également.
La mesure "aura permis l’octroi du statut BIM à 59.000 personnes supplémentaires entre octobre 2024 et juin 2025, soit 2,11% des bénéficiaires", selon les chiffres fournis à l’Echo par l’Inami.
20% de BIM pour 11% de personnes sous le seuil de pauvreté
Le parti d'opposition Anders (ex-Open Vld) a déposé un texte visant au retrait de cette mesure, initiée par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) sous le gouvernement précédent (dont la formation libérale flamande faisait partie).
"Je n’ai jamais soutenu cette mesure et l’adopter était une erreur du gouvernement", admet Alexia Bertrand, députée et ex-secrétaire d’État au Budget, dans les pages de L'Echo."Il y a 20% de BIM pour 11% de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté, ce décalage interpelle."
"Cette augmentation générale est le reflet de la paupérisation de la société", note de son côté le Dr Patrick Emonts, président de l'Association belge des syndicats médicaux (ABSyM).
L’interdiction, depuis ce 1er janvier, des suppléments d’honoraires pour les BIM risque par ailleurs de "détériorer l’accès aux soins et d’entrainer une marginalisation des BIM", estime Patrick Emonts. "On ne peut pas demander aux médecins de payer pour travailler, cela devient intenable."