Santé mentale
Plus de 4.700 appels au 103, la ligne d'écoute pour les jeunes
La ligne d'écoute 103 a reçu plus de 4.700 appels d'aide en 2025. L'intercommunale Imaje (Namur), qui porte le dispositif en Fédération Wallonie-Bruxelles, va intensifier sa communication afin d'encore gagner en visibilité face à la détresse des jeunes.
13 appels chaque jour
En appelant le numéro 103, service d'écoute gratuit et anonyme créé il y a plus de 30 ans, les enfants et adolescents en difficulté, ainsi que leurs proches, peuvent confier leurs problèmes. Objectif: leur proposer une oreille bienveillante, et trouver des solutions.
En 2025, les "écoutantes" d'Imaje ont reçu 4.740 appels concrets, soit une moyenne de 13 par jour.
Si le nombre d'appels reçu est assez stable depuis plusieurs années, l'intercommunale pointe une augmentation significative des contacts liés à la solitude et à la fragilité psychologique.
De nombreux jeunes expriment un sentiment d'isolement profond, souvent renforcé par des difficultés relationnelles, familiales ou scolaires. L'accès insuffisant à des structures de soutien adaptées apparaît également problématique.
Un 'chat' complémentaire au 103
Pour mieux remplir sa mission, l'intercommunale lance le nouveau site www.103ecoute.be. Celui-ci intègre un système de chat, en complément de la ligne téléphonique 103. Cette messagerie doit permettre de "briser la glace et faciliter le premier pas". Le service d'écoute se modernise donc, tout en préservant son essence: une écoute humaine, confidentielle et gratuite.
Le 103 s'offre également un nouveau logo, plus représentatif. Enfin, l'intercommunale lance une vaste campagne de communication intitulée "En vrai, comment tu vas ?", appelant les jeunes et leurs proches à se confier pleinement.
Des influenceurs sur les réseaux
La com' sera principalement déployée sur les réseaux sociaux, en collaboration avec des influenceurs. De l'affichage et une distribution d'autocollants sont également prévus dans les écoles.
Tous ces investissements sont permis par un subside complémentaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles d'environ 90.000 euros.
"On constate une augmentation constante des problèmes liés au harcèlement et à la maltraitance", a souligné Sylvie Courtois, directrice pédagogique d'Imaje. "Les jeunes qui nous appellent, qui ont de sept à 20 ans en général, ont aussi beaucoup de mal à trouver du sens à leur vie."
"Notre défi est maintenant d'être mieux connus, que les jeunes et ceux qui les entourent pensent 103 dès le moment où ils ont une difficulté. Le renforcement de notre communication devrait nous aider en ce sens", a-t-elle ajouté.
Des témoignages "effrayants"
Valérie Lescrenier (Les Engagés), la ministre de l'Aide à la Jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles, s'est dite très sensible aux témoignages souvent effrayants des "écoutantes" du 103.
"On sait qu'un jeune sur cinq déclare être dans une situation de mal-être et nous devons bien entendu nous en préoccuper en tant que mandataires publics", a-t-elle déclaré.
"La priorité est de faire connaitre les outils qui existent. Le 103 n'est pas encore assez connu. C'est pour cette raison que nous avons décidé d'octroyer une subvention complémentaire nécessaire pour renforcer sa communication. Bien entendu, le malaise est plus profond, car il s'inscrit souvent dans des situations familiales particulières, mais on a un outil qui fonctionne et c'est important de pouvoir le porter", a-t-elle conclu.