600 millions d’économies dans les soins de santé
La norme de croissance réelle dans le secteur des soins de santé sera moindre que celle promise dans la dernière note de politique générale du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), écrit mardi La Libre. C’est un rapport du Bureau du Plan présenté lundi qui détaille cette "correction" de 0,2%.
Ce document, déposé la semaine dernière à la Chambre, prévoit de maintenir la norme de croissance du budget des soins de santé à 2% pour 2026 et 2027. Or, dans un rapport présenté lundi au Conseil général de l'Inami (qui réunit le gouvernement, les syndicats et employeurs, les mutualités et les représentants des soignants), le Bureau fédéral du Plan estime que la croissance réelle nette s'établira à "1,8 % pour 2027".
Cette différence s'explique par le fait que le gouvernement a prévu un "montant non affectable" de 336 millions d'euros en 2027. Ce dernier, qui ne pourra donc pas être utilisé, confère ainsi un caractère "artificiel" à la norme de croissance.
Par ailleurs, à politique constante, les dépenses augmenteront plus vite que le budget "autorisé" (c'est-à-dire amputé des montants non affectables). Selon le Bureau du Plan, un effort d'environ 600 millions d'euros devra dès lors être consenti par le secteur des soins de santé l'an prochain.
Norme de croissance théorique
A la Chambre, Frank Vandenbroucke avait martelé que la norme de croissance des soins de santé se maintenait à 2% en 2026-27 et passerait, conformément à l’accord de gouvernement, à 2,6% en 2028 et même 3% en 2029. Les dépenses sont censées augmenter de 1,630 milliard entre 2026 et 2027 pour s’établir à 40,67 milliards… Cette norme de croissance est censée répondre aux défis du vieillissement qui augmente les dépenses de santé. Mais cette norme est, on le voit, théorique.
La Libre rappelle que la technique des montants non-affectables n’est pas neuve et qu’elle est purement politique « pour présenter un bilan meilleur qu’il ne l’est réellement ». La Vivaldi avait utilisé cette technique et l’Arizona l’amplifie.
Economies supplémentaires
Toujours selon le Bureau du Plan, dont les estimations sont confirmées par l’INAMI, des économies supplémentaires seront nécessaires en 2027 pour pallier des dépassements estimés à 298 millions par le Bureau du Plan et à 235 millions par l’INAMI.
Quid des années futures ? Le rapport indique que des montants non-affectables sont d’ores-et-déjà prévus – 361 et 386 millions en 2027 et 2028. « À cela s’ajouteront en plus des économies structurelles – appelées pudiquement gains d’efficience par le gouvernement – décidées par l’Arizona dans le cadre de son accord budgétaire du 24 novembre. Ces économies s’établissent à 684 millions d’euros à l’horizon 2029, dont 247 millions dès 2028 », regrette La Libre.
Une partie de ces économies sera néanmoins réinvestie pour revaloriser les soignants. « Ces réinvestissements atteindront 427 millions d’euros à l’horizon 2029, dont 207 millions dès 2028. »