Enfin un gouvernement bruxellois : « il n’y a pas lieu de triompher » (Mutualités libres)
Malgré la formation « au forceps » d’un gouvernement à la Région bruxelloise après plus de 600 jours, l’heure n’est pas au triomphalisme, estiment les Mutualités libres (ML). En effet, « cette situation a nourri une profonde crise de confiance des Bruxellois envers le monde politique et institutionnel ». Et de multiples angles morts subsistent.
« Parmi nos points d’attention absents de l’accord, celui de la nécessité de la réforme de la gouvernance intra bruxelloise en associant à la réflexion les acteurs de la gestion paritaire et de terrain », pointent les ML. « Concrètement, la centralisation de compétences telles que la santé mentale ou d’aide à domicile en une seule administration permettrait de gagner en cohérence et en efficacité. »
Les ML appellent à réactiver « sans délai » les leviers en santé dont dispose la Région. « Nous pensons notamment aux dépistages organisés des cancers et aux campagnes de promotion de la santé, avec une attention particulière aux publics vulnérables. »
De nombreuses questions sans réponse
Le programme du gouvernement bruxellois à la fois ambitieux mais relativement succinct « ne fixe ni méthodologie pour la construction d’objectifs de santé ni ambitions en matière de programmation, ce qui limite la lisibilité et le pilotage des politiques paritaires à moyen terme ».
Plusieurs questions restent sans réponse, selon les ML :
- que fait-on de la norme de croissance ?
-quels moyens seront consacrés à la prévention ?
-quelle stratégie pour améliorer l’accès aux soins de première ligne ?
-comment renforcer la coordination intra-bruxelloise ? Et entre le niveau régional et le niveau fédéral ?
-quelle place laisse-t-on à l’innovation et à la digitalisation ?
Les ML regrettent le temps perdu tout en réaffirmant « leur rôle d’acteur et de cogestionnaire du système de santé à Bruxelles, en veillant à ce que les politiques mises en place répondent aux réalités du terrain et aux besoins des citoyens ».