Lutte contre l'absentéisme
France: les patrons pourront signaler les certificats suspects en un clic
La France entend, elle aussi, lutter contre l’absentéisme au travail et contrôler davantage les arrêts maladie. Un nouveau plan du gouvernement, présenté ce jeudi 9 avril, comporte notamment un « bouton d’alerte » pour les patrons pour signaler les certificats médicaux suspects...
Les arrêts de travail au-delà d’un an et demi, les certificats prescrits via téléconsultation et ceux de plus de trois ans après un accident de travail ou une maladie professionnelle, ainsi que le shopping médical pour obtenir un certificat auprès de différents médecins (jusqu’à cinq généralistes pour 13.000 assurés l'an dernier), sont notamment dans le collimateur des autorités françaises, qui ont présenté un vaste plan de lutte ce jeudi 9 avril.
Les ministères de la Santé, du Travail et des Comptes publics entendent, ensemble, stopper le « dérapage » des arrêts-maladies. Selon le ministère français du Travail, entre 2019 et 2024, leur nombre a augmenté de 10%, pour atteindre 9,1 millions d’arrêts indemnisés. "En 2025, les dépenses d’indemnités journalières s’élèvent à 17,9 milliards d’euros, en hausse de 7 milliards d’euros depuis 2016", souligne le ministère dans son dossier de presse.
Dans l’OCDE, la France se situe au 5e rang, avec près de 21 jours d’absence par an en 2024
Entre prévention et répression
Comme en Belgique, différents axes sont prévus pour réduire tant le nombre que la durée de l’absentéisme professionnel. Notamment un suivi médical des assurés malades après un certain temps d’absence, et des parcours de réadaptation de retour au travail, en misant, entre autres, sur le télétravail dans un premier temps (en cas de plâtre, par exemple) et sur des mi-temps thérapeutiques. Comme chez nous également, la durée des certificats va être réglementée: dès le 1er septembre 2026, les prescriptions d’arrêt de travail seront limitées à un mois en cas de premier arrêt et deux mois en cas de prolongation.
Il n’est pas prévu de contrôler davantage ni de sévir, d’une manière ou d’une autre, contre les médecins prescripteurs, mais bien de renforcer leur accompagnement. L'an dernier et jusqu'en mars de cette année encore, près de 12.500 médecins ont ainsi bénéficié d’un suivi par des délégués de l’assurance maladie - des "praticiens-conseils". Parmi ces médecins "accompagnés confraternellement" (sic), une réduction de 10 à 15% des prescriptions est observée.
Par ailleurs, un service est en phase test depuis l'an dernier, "SOS IJ", mis au point par le syndicat des généralistes MG France, pour aider les médecins confrontés à des cas complexes d'arrêt de travail. Il sera généralisé à toute la France à partir de juin.
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La suspicion en un clic
Outre un renforcement de la prévention pour éviter d’aller jusqu’à l’arrêt maladie (comme chez nous) et une hausse des contrôles (+6%) des certificats en cours par l’assurance maladie, un « kit » pour les employeurs est prévu. Celui leur permet, dans un premier temps, de faire un petit « bilan de santé » de leurs pratiques pour prévenir les risques et les responsabiliser.
Mais ce kit « clé en main » propose aussi un « bouton d’alerte » en cas de suspicion d’abus : clairement, l’employeur qui doute de la réalité de l’arrêt maladie d’un de ses employés pourra, en un clic, donc quasi en temps réel, attirer directement l’attention de l’administration pour déclencher un contrôle...