Mission économique belge en Turquie
Un chien-robot dans les bagages de la reine Mathilde et du ministre Prévot ?
En mission en Turquie, la reine Mathilde et le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot ont fait la connaissance de « Spot », ce chien-robot infirmier dont l’image avait fait le tour du monde au moment du covid, quand il servait à trier les patients infectés à l’entrée de l’hôpital de Boston. Désormais augmenté à l’IA, Spot pourrait-il se glisser dans les bagages de la mission belge et débarquer bientôt dans nos hôpitaux ?
La reine Mathilde emmène actuellement une mission économique en Turquie – sa première, seule, après que la princesse Astrid s’est désistée et a cédé le relais pour des motifs de santé. La mission se déroule du 10 au 14 mai et rassemble plus de 420 participants, dont 194 entreprises, 17 fédérations et chambres de commerce et huit universités.
La matinée de mardi était dédiée à l’innovation. La mission belge a notamment visité MEXT, le centre technologique de la fédération métallurgique turque, où un protocole d'accord a été signé entre le centre de recherche flamand Flanders Make et le hub technologique carolo A6K.
C’est dans cette usine que la Reine et Maxime Prévot ont fait la connaissance de (et ont visiblement craqué sur...) Spot : le chien robot de la firme US Boston Dynamics assure la sécurité des lieux.
Trieur de cas de covid-19
Spot avait été mis sous le feu des projecteurs en 2020, en pleine pandémie de covid : équipé d’une tablette et d’une caméra, le canin robotique assurait le tri des patients infectés au Brigham and Women's Hospital de Boston, permettant ainsi de déterminer la gravité de leur état à distance pour protéger le personnel soignant humain.
Boston Dynamics prévoyait alors d’équiper son parfait intermédiaire entre médecins et patients d’autres instruments afin de pouvoir lui faire vérifier les paramètres (température, pouls, saturation) et même d’assurer la désinfection.
Spot est désormais multitâches, entre démineur et danseur
Depuis, Spot s’est décliné en pas mal d’exemplaires à travers le monde (1.500 en service actuellement), dont bon nombre sont utilisés sur des sites sensibles, voire dangereux, comme agents de sécurité, notamment dotés de capteurs et de caméras thermiques. Le robot-chien, intuitif et autonome, est capable de tracter des charges (14kg), de grimper des escaliers et d’enjamber des obstacles (et même de faire des flips arrière, mais ça, uniquement en dehors des heures de boulot).
Spot rappelle un peu, en moins sophistiqués, ces petits robots humanoïdes blancs hauts d’1,20 m (photo) qui avaient déferlé dans nos hôpitaux belges il y a dix ans, souvenez-vous: les « Pepper » accueillaient et orientaient les plus grands et rassuraient les plus petits… quand ils ne faisaient pas cours de kiné en gériatrie avec les seniors pour les motiver.
« Spot est capable de fonctionner sans intervention humaine : il se recharge de manière autonome, adapte son itinéraire en temps réel pour contourner les nouveaux obstacles et se redresse tout seul s'il tombe », se targue son créateur américain à propos de ce « collègue fiable ». Différents accessoires lui sont dédiés pour le personnaliser, dont un bras pour manipuler des objets.
Spot n’est pas unique au monde : il y a un an, en Chine, CSSC Haishen et Deep Robotics divulguaient à leur tour un chien de sauvetage avec dispositif médical portable doté de sept fonctions (défibrillateur, oxygène, prise de paramètres…). Lui non plus ne redoute pas lieux hostiles et il supporte jusqu’à plus de 50 degrés, ce qui en fait un parfait petit soldat en zone de guerre et un secouriste de l’extrême en cas de catastrophe.
Désormais, appelez-le... "Spot Boxho" !
Spot, lui, est désormais nourri aux croquettes IA, ce qui en fait un super chien. Adopté en milieu hospitalier, il pourrait aider en pédiatrie, en gériatrie et aux soins palliatifs. À l’extérieur, il pourrait servir de chien guide pour malvoyants, ou encore détecter/alerter en cas d’éventuelles crises d’épilepsie ou d’hyper- et hypoglycémie.
Trop « Bisounours » pour vous ? Dans sa ville d’origine, Waltham dans le Massachusetts, Spot a endossé un tout autre costume, celui du Dr… Philippe Boxho ! Selon le Boston Globe, le bureau du médecin légiste a adopté un exemplaire pour assurer des missions de « télépathologie » : permettre aux médecins en chair et en (non)os d’examiner des corps suspects à distance, grâce à des caméras mobiles embarquées à dos de chien, pour éviter l’exposition à des agents infectieux ou biochimiques tout en récoltant des données.
Et qui sait, bientôt pourra-t-on même envoyer Spot en croisière.