Collaboration pharmacien–médecin

L’ABSyM s’oppose au transfert progressif des tâches médicales vers les pharmaciens

"Ce qui est souvent présenté comme une « collaboration renforcée », une « innovation en matière de soins » ou un « échange réciproque d'informations » conduit en réalité à un transfert progressif des responsabilités médicales, sans fondement scientifique clair ni évaluation des bénéfices réels pour les patients", s'inquiète l'ABSyM dans un communiqué.

La rédaction - 20 mai 2026

L'ABSyM suit avec une inquiétude croissante les propositions successives visant à étendre les compétences des pharmaciens dans le secteur des soins de santé.

"Nous constatons que les pharmaciens sont de plus en plus souvent sollicités dans des domaines relevant traditionnellement de la pratique médicale, comme la vaccination, les tests POCT, les prélèvements sanguins pour le dépistage du VIH, la prévention du suicide, les bilans thérapeutiques avec retour d'information facultatif au médecin généraliste, ou encore les programmes de sevrage des benzodiazépines", décrit le syndicat médical.

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Et de s'interroger: Quelle est la valeur ajoutée pour le patient ? Comment garantir l'indépendance lorsque des intérêts économiques entrent également en jeu ?

Une répartition des rôles trop peu claire

Si la collaboration multidisciplinaire est importante, elle ne doit pas se transformer en un simple transfert de tâches. Le médecin reste responsable, en dernier ressort, du diagnostic, du traitement et de la coordination globale des soins. "Le rôle du médecin généraliste en tant que coordinateur central des soins ne doit pas être affaibli", souligne l'ABSyM.

Une véritable collaboration repose sur une complémentarité claire. Les pharmaciens jouent un rôle important en matière d'expertise pharmaceutique, notamment concernant les médicaments, les interactions et la sécurité. 

Dr Patrick EmontsParmi les inquiétudes, la répartition peu claire des rôles avec les autres acteurs (généraliste, spécialiste, médecin coordinateur et conseiller) et l'accès aux données des patients et à leur utilisation. "De nouveaux flux de financement sont par ailleurs mis en place sans que les gains en matière de santé aient été suffisamment démontrés", ajoute le syndicat.

Pour le Dr Patrick Emonts (photo), président de l'ABSyM, l'objectif est clair : "la qualité et la cohérence des soins prodigués aux patients doivent rester au centre des préoccupations, sans céder la place à une simple redéfinition organisationnelle ou économique des tâches."

L'ABSyM demande que toute extension future des compétences ne se fasse que sur la base de preuves scientifiques claires. Et de conclure: "Les réformes dans le domaine des soins de santé doivent faire l'objet d'un large débat de société, et non de mesures politiques isolées."

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