Le cd&v inquiet pour l’avenir des vacances de jeunesse Kazou
Le pacte doit « clarifier les missions et le rôle des mutualités »
L’opposition, mais aussi les partis de la majorité cd&v et Les Engagés, se montrent critiques à l’égard du pacte de réforme que le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke souhaite conclure avec les mutualités. C’est ce qui est ressorti jeudi lors de l’heure des questions à la Chambre.
Le vice-Premier ministre Vooruit Frank Vandenbroucke a présenté cette semaine une proposition de réforme en profondeur des mutualités. Le ministre souhaite notamment que celles-ci démontrent qu’il existe un lien avec la santé ou le bien-être pour les avantages complémentaires qu’elles proposent. Le remboursement de l’homéopathie ne serait ainsi plus possible.
Questions critiques
L’opposition s’est montrée critique envers ces projets jeudi à la Chambre. Selon Irina De Knop (Anders), la réforme ne va pas assez loin et Vandenbroucke protège le pouvoir de mutualités proches de lui. « Ce qui ne figure pas dans ce plan, c’est la prise en charge des malades de longue durée », a-t-elle déclaré.
Selon le PTB, ce pacte risque au contraire de détruire les mutualités. « Que les partis de droite veuillent démanteler les mutualités, je le comprends. De gros profits pour les assureurs privés et une société civile impuissante, voilà leur projet », a affirmé la cheffe de groupe Sofie Merckx. « Mais je ne comprends pas pourquoi vous, en tant que ministre socialiste, venez présenter ici un plan d’attaque contre les mutualités. »
Caroline Désir (PS) a rappelé – au grand mécontentement audible de Georges-Louis Bouchez – que les mutualités, comme les syndicats, constituent un pilier de la société et jouent un rôle essentiel dans l’accès aux droits.
Isabelle Hansez (Les Engagés) a averti qu’il ne fallait pas faire des mutualités les boucs émissaires des problèmes du système de santé et de l’explosion des maladies chroniques.
Franky Demon (cd&v) s’est inquiété de l’avenir des populaires camps de vacances Kazou de la CM. Selon lui, ces séjours d’été soulagent les parents qui travaillent et constituent un filet social. « Si vous affirmez que les vacances organisées par les mutualités ne contribuent pas au bien-être mental et qu’elles doivent être examinées de près, alors le cd&v trace une ligne rouge », a-t-il averti.
« Un maillon essentiel »
Selon Frank Vandenbroucke, les mutualités restent « un maillon essentiel » des soins de santé, comme contrepoids social, protecteur des patients et rempart contre une privatisation à grande échelle. « Je veux donc effectivement clarifier les missions et le rôle des mutualités afin de leur donner un avenir dans un système solidaire », a-t-il déclaré. Cela se fera en concertation avec les mutualités.
Le ministre affirme ne voir « aucun problème » à ce que les mutualités mènent de larges actions en faveur d’objectifs sociaux liés au bien-être et à la santé, et dit avoir confiance dans leur capacité à expliquer en quoi les camps d’été répondent à ces objectifs.
Concernant les malades de longue durée, Vandenbroucke a ajouté que tout le monde devait prendre ses responsabilités : « pas seulement les mutualités, mais aussi les employeurs ». Il souhaite évaluer les mutualités sur leurs résultats en matière de réintégration des personnes malades de longue durée, « tout comme nous évaluerons aussi les employeurs sur ce qui se passe dans leur entreprise avec les travailleurs en incapacité ».
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