Politique fédérale

Code INAMI "000" et "009"

Forte hausse du nombre de médecins « de base »

On comptait 3.006 médecins « de base » en Belgique en 2021, un nombre qui a fortement augmenté ces dernières années, atteignant près de 4.000 en 2024 et 2025, selon des chiffres obtenus par Frieda Gijbels, députée fédérale N-VA.

Filip Ceulemans - 3 juin 2026

frieda gijbelsAu 31 décembre 2021, la Belgique comptait 3.006 médecins disposant du code de compétence INAMI 000 (2.377) ou 009 (629). Fin 2024 et fin 2025, ce nombre était passé à près de 4.000.

Les médecins titulaires du code de compétence 000 sont des médecins qui ne disposent pas - ou pas encore - d’un code de compétence INAMI spécifique. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation.

Qui sont-ils ?

Il peut s’agir d’un médecin qui ne possède pas de titre professionnel particulier de médecin généraliste ou de spécialiste. L’INAMI attribue souvent temporairement aux médecins récemment diplômés un code de compétence 000, dans l’attente de l’approbation d’un plan de stage dans une spécialité pour laquelle l’assurance maladie obligatoire prévoit le remboursement des prestations médicales. Cela explique pourquoi leur nombre varie au cours de l’année.

Ce code de compétence est également attribué à des titres professionnels qui ne donnent pas lieu à un remboursement, comme la médecine du travail, la médecine d’assurance ou encore l’expertise médicale.

Et pourquoi augmentent-ils ?

En réponse à une question de Frieda Gijbels (N-VA) concernant cette augmentation, le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, indique que plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.

Une première raison est la demande croissante d’obtention du code 000, la possession d’un numéro INAMI étant nécessaire pour l’utilisation de certains services électroniques (e-services).

Une deuxième explication réside dans l’augmentation des demandes de reconnaissance de diplômes étrangers (non européens), introduites pendant ou après un master en sciences de la santé, en santé publique ou en médecine du travail. Les médecins suivant une formation à l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) sont également concernés.

Le ministre ne dispose toutefois pas de chiffres détaillés concernant le lieu d’exercice des médecins titulaires de ces codes. Le registre de pratique actuellement développé conjointement par l’INAMI et le SPF Santé publique devrait, à terme, permettre d’apporter des réponses à cette question.

Des chiffres « très préoccupants »

Frieda Gijbels estime que les réponses et chiffres fournis par le ministre sont « très préoccupants ».

« Apparemment, nous n’avons aucune visibilité sur une part importante de ces médecins. Nous ne savons pas où ils travaillent, encore moins dans quelle fonction. Sont-ils suffisamment protégés ? Existe-t-il un risque qu’ils soient exploités ? Je crains que le fait qu’ils constituent une main-d’œuvre bon marché et attrayante ne soit pas de bon augure. Un cinquième des médecins de base a effectué au moins une prestation remboursée. Qu’en est-il des quatre cinquièmes restants ? Travaillent-ils tous dans la médecine d’assurance, ce qui expliquerait la situation ? Ou se passe-t-il autre chose ? »

« Le ministre a également souligné que les médecins de base réalisent souvent des traitements esthétiques non chirurgicaux dans des instituts de beauté », poursuit Mme Gijbels. « Cela reste pour l’instant légalement autorisé sans formation spécifique, mais cette possibilité devrait désormais être réellement limitée. En outre, il apparaît que des médecins de base sont parfois employés de manière irrégulière dans des hôpitaux et des maisons médicales pour effectuer des actes pour lesquels ils ne disposent pas des compétences requises. »

Médecins étrangers

En ce qui concerne les médecins étrangers - qui représentent un tiers de ces médecins « de base » -, le ministre indique que le top 5 des pays d’origine est resté inchangé au cours des cinq dernières années : l’Italie, la Roumanie, les Pays-Bas, la France et le Congo.

Pour Frieda Gijbels, la présence des Pays-Bas et de la France ne surprend pas. En revanche, elle s’interroge davantage sur les diplômes obtenus en Italie, en Roumanie et au Congo.

« Nous devons absolument mieux connaître ce groupe de médecins. Le registre de pratique jouera déjà un rôle important à cet égard, mais il me semble également utile de prévoir des codes de compétence spécifiques pour les médecins de base en attente d’un plan de stage, ainsi que pour ceux qui exercent, par exemple, dans le domaine de la médecine de l’assurance sociale. Cela permettrait un meilleur suivi de ces médecins et une lutte plus efficace contre les abus éventuels. »

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