OpinionNeurologie

Le momentum est là

Les Drs Laurens Dobbels, président de l’Association professionnelle belge de neurologie, et Pieter Olivier, secrétaire de l’Association professionnelle belge de neurologie réagissent à l’intention de Frank Vandenbroucke de reconnaître 16 centres S2.

Chaque année, environ 25.000 Belges sont victimes d’un accident vasculaire cérébral, ou AVC. Celui-ci reste l’une des principales causes de décès, de handicap durable et de dépendance aux soins. Son impact sur les patients, les familles et la société est immense, avec un coût sociétal qui se chiffre chaque année en centaines de millions d’euros. C’est précisément pour cette raison qu’un réseau performant et bien organisé de soins aigus de l’AVC n’est pas un luxe, mais un investissement nécessaire dans des soins de santé de qualité et durables.

Progrès

L’Association professionnelle belge de neurologie se réjouit dès lors de l’intention de Frank Vandenbroucke de faire avancer, au niveau fédéral, le dossier relatif à la reconnaissance de seize centres S2. La reconnaissance de ces centres spécialisés dans la prise en charge aiguë de l’AVC avec procédures invasives constitue une nouvelle tentative de concentration des soins de l’AVC. Le dossier relatif à l’organisation des centres S1 et S2 est d’ailleurs ouvert depuis 2014.

Nous souhaitons toutefois souligner qu’il ne s’agit que d’une première étape. La phase suivante devra porter sur le financement et la valorisation de la supervision médicale.

Une prise de décision hautement complexe

Aujourd’hui, un lit AVC est encore financé comme un lit hospitalier classique. Cela ne correspond pas à la réalité. Les patients pris en charge dans une unité neurovasculaire nécessitent un suivi intensif et spécialisé, ainsi qu’une prise de décision rapide et hautement complexe. L’engagement et la responsabilité du neurologue y sont nettement plus importants.

La disponibilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des neurologues - tant dans les centres S1 que S2 - pour accueillir les patients et les orienter au sein du réseau n’est pas non plus rémunérée. Cette rémunération a déjà été approuvée, mais elle attend la reconnaissance des centres S2 par les Régions avant de pouvoir entrer en vigueur.

Financement adapté

La centralisation des soins de l’AVC constitue une reconnaissance de la complexité croissante des soins neurologiques destinés aux patients victimes d’un AVC. Cette reconnaissance doit donc aussi se traduire par un financement adapté.

Une juste rémunération de la supervision neurologique est essentielle pour organiser durablement ces soins. Les progrès enregistrés sont importants, mais ils doivent désormais être prolongés. Sans rémunération adaptée, un fossé risque de se creuser entre l’ambition affichée et la réalité du terrain.

Le momentum est là - il s’agit maintenant de faire aussi les bons choix sur le plan financier.

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