« Les inégalités d’accès aux soins augmentent en Belgique »
La Mutualité chrétienne réclame une amélioration du maximum à facturer
La Mutualité chrétienne souhaite que les personnes en situation de pauvreté bénéficient de meilleures garanties d’accès aux soins de santé. C’est ce que demande la mutualité ce mercredi, après une étude basée sur les données de plus de 4 millions de membres, qui montre que les inégalités d’accès aux soins augmentent en Belgique.

Luc Van Gorp (MC) - « Plus on est pauvre, plus la santé est mauvaise, et plus la part du revenu consacrée aux soins est importante »
Les statistiques sont implacables : l’état de santé d’une personne se détériore à mesure que son niveau socio-économique baisse. Ainsi, le taux de mortalité dans les quartiers pauvres est 51 % plus élevé que dans les quartiers riches. Les maladies chroniques sont également plus fréquentes chez les personnes vivant dans la pauvreté. En 2023, le diabète était deux fois plus présent dans les quartiers les plus pauvres.
Le président de la MC, Luc Van Gorp, explique que les personnes disposant de moins de moyens reportent plus souvent leurs soins. Leur état de santé se dégrade alors, et la maladie se présente sous une forme plus grave que si elles avaient consulté plus rapidement un médecin. « En 2026, cette inégalité ne devrait plus exister », déclare-t-il.
De pair avec l'inégalité financière
L’inégalité en matière de santé va de pair avec l’inégalité financière. Les personnes aux revenus les plus faibles consacrent 8 % de leur budget aux soins : proportionnellement, c’est six fois plus que les plus riches. « Les personnes qui ont le plus besoin de soins de santé ne sont aujourd’hui pas suffisamment protégées », estime Luc Van Gorp.
Pour inverser la tendance, il faut notamment mieux calibrer le maximum à facturer. Les plafonds sont encore souvent trop élevés, selon la MC. Le remboursement n’intervient par exemple qu’après que le patient a lui-même avancé le ticket modérateur. En outre, le maximum à facturer ne couvre pas les frais supplémentaires ni les suppléments d’honoraires. Le chemin vers l’aide doit également être rendu plus clair.
Pas moins de 30 % des personnes aux revenus les plus faibles ne recourent pas au tarif préférentiel, alors qu’elles y ont vraisemblablement droit, montre l’étude de la MC.