Un médecin-conseil dénonce dans une lettre la pression croissante des mutualités
Dans une lettre adressée à Pedro Facon, administrateur général de l’Inami, un médecin-conseil dénonce la pression croissante exercée par les mutualités. La députée Frieda Gijbels (N-VA) a obtenu ce courrier et en diffuse une version anonymisée.
Les médecins-conseils chargés d’évaluer l’incapacité de travail des personnes souffrant de problèmes de santé doivent exercer leur mission en toute indépendance. Selon l’auteur de la lettre, qui exerce également une fonction syndicale, cette indépendance ne serait toutefois plus garantie. En août, il a interpellé le patron de l’INAMI, Pedro Facon (à droite sur la photo).

Dans son courrier, le médecin dénonce le manque de personnel et de formation, mais aussi les pressions exercées par les mutualités. « La direction d’un organisme assureur encourage explicitement les assurés et les membres du personnel à déposer toutes sortes de “plaintes”, y compris contre les décisions médicales prises par les médecins-conseils », écrit-il.
Après le dépôt d’une plainte, le médecin doit justifier son dossier médical auprès d’un membre de l’administration ne disposant pas de formation médicale. « L’examen de ces plaintes, les éventuels entretiens de suivi et, le cas échéant, un parcours individuel de coaching visent à réduire le nombre de plaintes et à augmenter la satisfaction des clients ou des affiliés. »
Selon le médecin, certaines mutualités organisent également des enquêtes de satisfaction portant sur les médecins. Les résultats leur sont ensuite présentés dans le but de réduire le nombre de plaintes.
« Espérons que la N-VA soutiendra désormais notre demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des mutualités » - le président d’Anders, Frédéric De Gucht.
« Dans leur pratique quotidienne, de nombreux médecins-conseils considèrent que les mesures précitées constituent une influence et une pression, tant indirectes que directes, sur leurs actes, leurs décisions médicales et leur indépendance complète, conformément à l’article 19 de l’arrêté royal n° 35 », peut-on lire dans le courrier.
La députée Frieda Gijbels (N-VA) se dit choquée, même si elle avait déjà eu connaissance de plaintes similaires. « Cela confirme ce que d’autres sources nous avaient déjà rapporté. Il est positif que cette personne ait trouvé le courage de dénoncer très clairement le problème », déclare-t-elle.
« Espérons que la N-VA soutiendra désormais notre demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des mutualités », a réagi le président d’Anders, Frédéric De Gucht.