30e congrès de l’EAHP : un nombre record d’études de haute qualité
Sur le thème « Diverse Tasks – One Team: Ensuring Excellence for All Patients », le 30e congrès de l’European Association of Hospital Pharmacists (EAHP) s’est tenu la semaine dernière à Barcelone. Notre compatriote, le professeur Dr Thomas De Rijdt, président du comité scientifique de l’EAHP, revient avec satisfaction sur une édition réussie. De Apotheker l’a rencontré immédiatement après la cérémonie de clôture.

Le Pharmacien : Pourquoi le comité scientifique a-t-il choisi cette année « Diverse Tasks – One Team: Ensuring Excellence for All Patients » comme thème du congrès ?
Thomas De Rijdt : Nous déterminons toujours le thème de nos congrès deux ans à l’avance. Nous nous réunissons alors avec des représentants de tous les pays afin d’identifier un thème qui, selon nous, sera d’actualité deux ans plus tard. Il y a deux ans, nous avons constaté que nous travaillons avec des équipes très diversifiées. Tant en termes de génération et de genre qu’au niveau des professions. Nous ne parlons plus seulement du pharmacien hospitalier, mais aussi de pharmaciens de l’industrie, de juristes, d’économistes, d’informaticiens et de nombreux autres profils. Tous ont leurs propres besoins. Comment les encadrer ? Comment les faire travailler comme une seule équipe ?
Quelles sont, avec le recul de ces trois jours de congrès, les sessions qui vous ont le plus marqué ?
En tant qu’organisateur, on porte évidemment un regard différent de celui d’un participant. Pour moi, le congrès représente à la fois le réseautage, les retrouvailles avec des collègues et les échanges, et d’autre part la formation continue. La session qui m’a le plus marqué est celle de pharmacothérapie consacrée aux médicaments anti-obésité. Elle allait au-delà de la seule pharmacothérapie et s’intéressait également à ce qui se trouve en développement. J’ai aussi trouvé la première conférence plénière de Kathleen Vangronsvelt, sur la manière de motiver des équipes diversifiées, particulièrement forte.
Quel sera le thème central du congrès de l’année prochaine à Vienne ?
L’année dernière, lors de la définition du thème, nous avons conclu que notre champ d’activité est tellement vaste que nous n’avons pas choisi un thème spécifique, mais plutôt l’innovation comme sujet transversal, avec pour slogan « For our patients: Let’s innovate and excel! ». Nous continuons à innover et cherchons également à exceller dans l’innovation au bénéfice de nos patients.
Plus de deux cents pharmaciens hospitaliers belges ont participé au congrès. Comment expliquez-vous cette forte participation ?
La Belgique a été, il y a plus de trente ans, l’un des pays fondateurs de l’EAHP, ce qui explique déjà en partie le succès auprès de nos pharmaciens hospitaliers. Le fait que le congrès soit très complet et offre quelque chose pour chacun constitue également un facteur de réussite. Je constate que de nombreux hôpitaux prennent en charge l’inscription et que l’Association professionnelle des pharmaciens hospitaliers flamands (VZA) intervient aussi comme une sorte d’agence de voyage pour organiser les aspects pratiques.
Un nombre record de posters a été soumis cette année. Comment l’expliquez-vous ?
Je pense qu’il y a quelques décennies, les pharmaciens hospitaliers faisaient peu de recherche, mais aujourd’hui de plus en plus de collègues s’y consacrent. Ils communiquent également davantage leurs travaux qu’auparavant. Pour la situation belge en particulier, je fais référence à la spécialisation de trois ans en pharmacie hospitalière. Nous essayons systématiquement de transformer le travail de fin d’études du master en article et d’y associer une dimension de recherche. Mais il ne suffit pas que le nombre de soumissions augmente : la qualité doit suivre. Là aussi, nous observons une tendance à l’amélioration continue de la qualité. Cela nous permet de relever toujours davantage le niveau d’exigence. Celui-ci est désormais si élevé que les résumés peuvent être publiés dans d’importantes revues scientifiques telles que le British Medical Journal. La publication est importante, car elle montre aux collègues sur quoi nous travaillons.