Édito
La croix verte, bien plus qu'un thermomètre
Rédacteur en chef
Les températures exceptionnelles affichées par le thermomètre ces derniers jours ont monopolisé l'attention. Dans ce contexte, dans les rues, un signe a plus que jamais attiré les regards : la croix verte de pharmacie et, chaque jour autour de 16h, ses diodes qui s'organisaient pour afficher cet inquiétant 37°C. Trop souvent, pourtant, on réduit la croix verte à cet affichage lumineux, comme elle n’était qu’un thermomètre ou une horloge de quartier. Elle est bien davantage : le repère d'une porte ouverte, l'indication d'un un lieu de conseil, d’écoute et d’orientation, et, parfois, la balise qui mène au premier contact avec un professionnel de santé.
Cette vague de chaleur, historique, le rappelle avec force. Dans une population vieillissante, polymédiquée, parfois isolée, chaque passage au comptoir peut être un moment critique. Derrière une banale demande de brumisateur ou de crème solaire, il y a peut-être une insuffisance cardiaque, un traitement par diurétique, lithium, neuroleptique, ou parfois une fonction rénale fragile, un patient qui conserve mal son stylo d'insuline ou ses gouttes ophtalmiques. Le conseil du pharmacien n’est alors jamais superflu. Invitez vos patients à boire suffisamment, à éviter les expositions inutiles, à reconnaître les signes d’alerte (confusion, peau sèche, soif intense, malaise) et, si nécessaire, à reprendre contact avec son médecin prescripteur.
Quand grimpe le thermomètre, la croix verte, certes, affiche la température, mais surtout prévient qu'un professionnel de la santé est là.
Transformer une inquiétude saisonnière en prévention concrète, c’est là que se mesure la valeur ajoutée du pharmacien. Par fortes chaleurs, les questions se multiplient sur différents sujets : les jambes lourdes, les œdèmes, les coups de chaleur, la conservation des médicaments, les départs en vacances ou la pratique sportive. Elles obligent l’équipe officinale à repérer les fragilités, à personnaliser les messages, à soutenir l’observance et à orienter lorsque la situation l’exige.
Le dossier du prochain numéro du Pharmacien (à paraître le 9 juillet) s’inscrit dans cette réalité. Il explore le rôle du pharmacien à l’arrivée de l’été : allergies au soleil, points d’attention pharmacologiques et cliniques en période de chaleur, sport sous canicule, soins des plaies en voyage... Autant de sujets pratiques, autant d’occasions de rappeler que la prévention se construit dans la proximité avec le patient, dans la disponibilité de l'équipe et dans la répétition des conseils justes.
Quand grimpe le thermomètre, la croix verte, certes, affiche la température, mais surtout prévient qu'un professionnel de la santé est là. Dans les étés qui arrivent, cette présence comptera de plus en plus.