Les Cliniques Saint-Luc veulent sensibiliser le public contre le SHU
À l’approche des beaux jours, les Cliniques universitaires Saint-Luc lancent un appel à la vigilance face au syndrome hémolytique et urémique (SHU), une affection rare mais aux conséquences parfois très lourdes, en particulier chez les enfants de moins de 10 ans, et plus encore chez les moins de 5 ans.
Le SHU survient généralement à la suite d’une infection par certaines souches de bactéries E. coli, présentes notamment dans l’intestin des bovins. La contamination se fait par ingestion d’aliments ou de liquides contaminés - viande insuffisamment cuite (hamburgers, américain préparé), produits non pasteurisés ou eau souillée.
Un cas pour 100.000 habitants
Si l’incidence reste faible - moins d’un cas pour 100.000 habitants - les complications peuvent être sévères. En quelques jours, les toxines bactériennes détruisent les globules rouges, perturbent les plaquettes et peuvent conduire, dans les formes les plus graves, à une insuffisance rénale terminale. Des atteintes neurologiques et cardiaques sont également possibles.
Les médecins généralistes, pédiatres et urgentistes sont invités à orienter sans délai les patients suspects vers un centre expert.
Face à ces risques, les Cliniques Saint-Luc insistent sur l’importance d’un diagnostic rapide et d’une prise en charge spécialisée. Les médecins généralistes, pédiatres et urgentistes sont invités à orienter sans délai les patients suspects vers un centre expert. Une intervention précoce améliore significativement le pronostic et limite les séquelles.
Parallèlement, l’hôpital bruxellois est engagé dans une étude internationale visant à évaluer un traitement innovant. Celui-ci repose sur l’administration d’une immunoglobuline capable de neutraliser la toxine avant son entrée dans les cellules. Son efficacité dépend toutefois d’une administration très précoce - idéalement dans les 24 heures suivant l’identification du patient.
Recrutement de patients complexe
Ce délai serré, combiné à la rareté de la maladie, rend le recrutement des patients particulièrement complexe. Pour y répondre, le service de néphrologie pédiatrique de Saint-Luc a mis en place une ligne téléphonique accessible 24h/24 et 7j/7, destinée aux professionnels de santé afin de faciliter une orientation rapide des cas suspects.
Premier signe d’alerte : des diarrhées sévères, souvent sanglantes. Un symptôme qui, dans ce contexte, doit immédiatement faire penser au SHU et déclencher une prise en charge urgente.