Arbeidsgeneeskunde

Le travail de nuit… nuit à la santé

Des militants et responsables syndicaux ont participé mardi, au Bois du Cazier à Marcinelle, à la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail organisée par la FGTB Charleroi, Cenforsoc et l'Atelier Santé. A cette occasion, la Dre Elisa Munoz-Gomez a présenté une étude de Médecine du Peuple/Atelier de la Santé de Charleroi sur le lien entre travail de nuit et santé mentale des travailleurs.

Travailleurs de nuit

Intitulé « Travail de nuit et bas salaires : un risque majeur pour la santé mentale », l’étude réalisée auprès 512 travailleurs des 11 maisons médicales que compte Médecine pour le peuple, conclut qu’une personne sur quatre qui travaille de nuit présente un risque élevé de « Shift Work Disorder » (SWD), un trouble du sommeil causé par le travail de nuit : « Le corps ne parvient pas à s'adapter aux horaires décalés, ce qui entraîne une fatigue chronique, des insomnies et une somnolence diurne. » L’étude a été réalisée en collaboration avec l’atelier santé de Charleroi.

Selon l’étude, il existerait un lien entre le nombre d’heures de nuits prestées par mois et les symptômes du “Shift Work Disorder”. « Plus on fait de nuits par mois, plus le risque d’avoir le SWD augmente. » 

Quatre fois plus d’anxiété

« Les travailleurs de nuit de notre étude présentent quatre fois plus d'anxiété et de dépression que la population générale. Un travailleur sur huit a eu un accident au cours de l'année passée. Ce risque double chez ceux qui présentent les scores de fatigue les plus élevés. Un corps épuisé réagit moins vite, se concentre moins bien, et se trompe plus facilement. »

La chercheuse estime que, au vu des données de l’étude, l'exposition aux horaires de nuit constitue un facteur de risque pour la santé mentale et le sommeil. Le message s’adresse au gouvernement Arizona qui veut généraliser le travail de nuit qui concerne aujourd’hui environ un demi-million de travailleurs belges.

« Aujourd'hui, le travail de nuit est limité à certains secteurs et encadré par des conventions collectives. Ces conventions sont discutées et décidées entre patrons et syndicats, les représentants des travailleurs. Mais le gouvernement veut changer les règles du jeu. D'abord, il veut étendre le travail de nuit à davantage de secteurs et par là supprimer la possibilité de négocier les conditions et les primes liées au travail de nuit. Le gouvernement veut également réduire les heures considérées comme "travail de nuit" de 20h-6h à 23h-6h pour les nouveaux travailleurs dans le but de diminuer les primes. Lors de la première proposition de réforme, on parlait d’une perte estimée à 228 euros brut par mois pour un travailleur de nuit. »

"Nous constatons tous les jours dans les cabinets de MG des maisons médicales une augmentation inquiétante des problèmes de santé mentale, des épuisements professionnels, des troubles musculosquelettiques."

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a d'ailleurs classé le travail de nuit comme cancérogène probable avec un risque particulièrement élevé de cancer du sein chez les femmes après 4,5 ans. « Les études montrent également que le travail de nuit augmente le risque de maladies cardiovasculaires. »

Une grande variété de profils

L’enquête a intégré des travailleurs de nuit depuis 10 ans, offrant une variété de profils des moins aux plus exposés. « La grande majorité des participants, 81 %, effectuaient du travail de nuit au moment de l'enquête. Leur expérience est significative : en moyenne, ils cumulent 11 ans de travail de nuit (médiane de 8 ans), avec des parcours allant de 6 mois à 45 ans. Leur exposition est également intense : 80 heures de nuit par mois en moyenne, comptées entre 20h et 6h, heures supplémentaires comprises. C'est un public bien ancré dans la réalité du travail de nuit. »

26 % des 512 participants interrogés dépassent le seuil critique de 16,2 points sur l’échelle de mesure de l’étude, « ce qui correspond à une forte probabilité de développer un trouble du sommeil lié au travail de nuit ».

Alors que des salaires plus élevés offrent un confort de travail qui semble immuniser les travailleurs, « les bas salaires s'accompagnent souvent de contraintes cumulées qui amplifient l'épuisement. Une méta-analyse récente montre qu'un travailleur de nuit sur quatre développe ce trouble du sommeil. Notre étude belge, menée auprès de travailleurs de différents secteurs, confirme ce constat : le travail de nuit, tel qu'il est organisé aujourd'hui, affecte la santé d'un quart de ceux qui l'exercent. Les travailleurs à haut risque de Shift Work Disorder ont deux fois plus d'accidents que les autres. Un travailleur sur huit (12,9 %) a eu un accident l'année passée à cause de la fatigue. Plus on se sent épuisé, plus le risque grimpe. »

Médecine du peuple

Déséquilibre des rythmes biologiques

La Dre Munoz-Gomez a utilisé le questionnaire standard reconnu, le PHQ-4. « Dans la population générale américaine et européenne, environ 10 % des gens atteignent un score inquiétant. Chez nos patients travailleurs de nuit, c'est près de 40 % qui dépassent ce seuil. Quatre fois plus que la moyenne. Cette détresse psychologique massive s'explique probablement par le déséquilibre du rythme biologique et les contraintes du travail nocturne ».  L’étude confirme les résultats d’études menées à l’étranger

Conclusion de la chercheuse : « Le travail de nuit est bien un facteur de risque établi pour le Shift Work Disorder, et notre étude le confirme. Il perturbe le rythme circadien, c'est inévitable. Mais l'impact sur la santé n'est pas une fatalité. Des mesures d'organisation strictes peuvent réduire considérablement ces perturbations : limiter les nuits consécutives à moins de trois, respecter des intervalles de récupération suffisants, privilégier des rotations progressives (matin → soir → nuit plutôt que l'inverse), et proposer des espaces de sieste avec un éclairage adapté. Ces adaptations collectives, négociées avec les syndicats, sont plus efficaces que les seules mesures individuelles. Le travail de nuit ne doit donc être toléré que là où il est strictement indispensable, et toujours dans des conditions qui protègent la santé des travailleurs, pas qui l'abîment. »

La Dre de Médecine du Peuple estime donc que les compensations salariales (primes) sont légitimes pour les travailleurs de nuit eu égard aux conséquences de ce travail de nuit sur la santé.

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