En Commission Santé
Paysage hospitalier: une réorganisation est nécessaire, assure Vandenbroucke
Le ministre de la Santé a insisté mercredi, devant les députés de la Commission de la Santé de la Chambre, sur la nécessité d'une réorganisation du paysage hospitalier en Belgique. Il ne s'agit pas d'une opération d'économies, a-t-il assuré.
Face au vieillissement de la population et au manque persistant de personnel, une réflexion a été entamée en mars 2025 à la demande de la Conférence interministérielle Santé. Un groupe d'experts a remis un rapport, complété par une simulation du KCE.
La réforme pourrait conduire dans les dix ans à la disparition d'au moins 39 hôpitaux généraux à travers le pays, dont 18 rien qu'en Wallonie.
Quatre catégories d'établissements verraient le jour, pour rappel: l'hôpital régional général, le centre hospitalier universitaire, le centre médical local et l'hôpital de soins intermédiaire.
Inquiétude à la Chambre
Mercredi, plusieurs députés francophones ont exprimé leurs craintes: Ludivine Dedonder, Eric Thiébaut et Caroline Désir pour le PS, Sofie Merckx pour le PTB mais aussi, dans la majorité, Jean-François Gatelier (Les Engagés).
À titre d'exemples cités par les parlementaires francophones, le CHwapi, EpiCURA ou encore le Centre Hospitalier de Mouscron, Baudour, Warquignies et Saint-Joseph de Mons, les hôpitaux de Marche-en-Famenne (Vivalia), Saint-Vith (Klinik Saint Josef), Herstal (Clinique André Renard), Sambreville (CHR Sambre et Meuse) et Nivelles (CHU Helora) sont menacés dans leur forme actuelle.
A Bruxelles, cinq établissement seraient concernés, dont Bracops et le site Paul Brien du CHU Brugmann. Ces hôpitaux ne devraient pas fermer nécessairement leurs portes, mais ils pourraient être amenés à réduire considérablement leur offre.
Sofie Merckx (PVDA-PTB) a elle aussi évoqué les hôpitaux de sa région: "Je pense notamment aux patients touchés par la fermeture de l’hôpital de Chimay ou de Sombreffe, mais il s’agit d’un problème national, car il y a également les hôpitaux de Dinant, de Herstal, d’Oudenaarde ou de Blankenberge."
"Les habitants des communes de la botte du Hainaut, la commune d'Erquelinnes, la région des Fagnes dans son ensemble, l'ensemble des communes autour des lacs de l'Eau d'Heure, mais aussi les touristes qui les fréquentent se retrouveraient à plus de 30 minutes d'un hôpital, et pour certains à une heure de l'hôpital le plus proche. On parle ici de près de 100.000 habitants concernés", a souligné pour sa part le Dr Gatelier.
Une organisation "plus rationnelle"
"Plusieurs questions demeurent en suspens et je ne suis pas en mesure d’y répondre aujourd’hui", a d'emblée répondu Frank Vandenbroucke. "Ma réponse sera donc une réponse de principe, formulée en termes généraux."
"Le rapport est un document d'analyses et de recommandations élaboré par des experts indépendants et il ne constitue en aucun cas une décision politique. Encore aucune mesure concrète n'a été prise", a précisé Frank Vandenbroucke.
Outre l’accessibilité et la proximité, se pose aussi la question de la langue, "si je pense par exemple à la Communauté germanophone", a ajouté le ministre.
"Il est nécessaire de réorganiser notre paysage, ce n'est pas évident, je comprends certaines préoccupations sur le terrain mais une organisation plus rationnelle est nécessaire", a assuré le ministre. "Ce n'est pas un exercice d'économies, l'idée n'est pas de licencier du personnel soignant, pas du tout. L'idée n'est pas de fermer des campus, mais de faire une conversion et de répondre à la pénurie de personnel".
La concertation va se poursuivre, notamment avec les entités fédérées. Car ce sont elles qui sont responsables de l'agrément des hôpitaux et de leur répartition optimale sur le territoire. Une synthèse consolidée est en cours d'élaboration. Elle sera examinée le mois prochain par la conférence interministérielle.