Pénuries de médicaments
Vandenbroucke appuie le Parlement européen
La Belgique s'est abstenue en décembre dernier, au Conseil de l'UE, sur la proposition de règlement sur les médicaments critiques, a annoncé le ministre belge de la Santé publique Frank Vandenbroucke, mardi en marge d'une conférence à Paris (photo). Elle s'aligne davantage sur la position du Parlement européen.
La Commission européenne a formulé l'an dernier une proposition visant à instaurer un mécanisme de solidarité entre États membres en cas de pénurie de médicaments. Mais, selon M. Vandenbroucke, son contenu est "décevant, insuffisamment ambitieux et peu précis." La Belgique était pourtant l'un des "pères fondateurs" de ce projet, lors de sa présidence en 2024. Elle avait réussi à rallier 23 États membres à sa cause, a-t-il souligné.
Fin janvier, le Parlement européen a réclamé, à une large majorité, une solidarité obligatoire entre États membres. Les députés ont aussi réclamé la création d'un mécanisme européen de coordination des stocks nationaux de médicaments dits critiques, comme les antibiotiques, l'insuline, les antalgiques, les vaccins ou des médicaments contre les maladies chroniques et aiguës (cancer, troubles cardiaques, diabète...)
Pour Frank Vandenbroucke (Vooruit), la position du Parlement en vue de ses négociations avec le Conseil est "plus prometteuse". Elle prévoit un financement dédié : "c'est excellent", selon le ministre. La proposition vise aussi à insérer une préférence européenne dans les règles sur les marchés publics et traite du risque d'effets pervers induits par la constitution de stocks nationaux.
Pour le ministre, qui a aussi rencontré son homologue française Stéphanie Rist, l'abstention belge au Conseil vise à ouvrir le dialogue en vue finaliser un accord en trilogue (Parlement, Commission, Conseil) avant l'été.
Fin janvier, les députés européens ont aussi exprimé le souhait de créer un fonds dédié à la santé dans le prochain budget pluriannuel (2028-2034) de l'UE, ce qui n'est pas acquis. Le programme "EU4Health", lancé en réponse à la pandémie de Covid-19, n'apparaît plus dans la proposition de la Commission de manière autonome, mais serait absorbé dans un grand fonds de compétitivité.
Frank Vandenbroucke a contesté l'approche de la Commission également sur ce point, estimant que le programme était aujourd'hui menacé. "Si nous intégrons maintenant la santé dans un fonds de compétitivité, nous envoyons un signal inverse : que la santé est d'abord un instrument de politique industrielle", a-t-il plaidé, parlant de "mauvaise piste".