Volume de prescriptions : ProSanté permet aux médecins d'identifier une "dérive manifeste"
L’INAMI a mis à disposition pour chaque dispensateur de soins des statistiques portant sur ses activités propres, en ligne et sous forme interactive. Il y accède par son compte personnel sur le portail web ProSanté. Entre lutte contre les « dérives manifestes » et appel à la « responsabilisation », la santé n’a pas de prix mais elle a un coût…
Cette activité de contrôle (une de plus) est présentée comme « une manière de stimuler l’implication des professionnels dans nos systèmes de santé et de sécurité sociale ».

Pedro Facon, administrateur général de l’INAMI (photo) en remet une couche côté « responsabilisation » tout en se présentant comme un « partenaire » : « Chaque jour, les dispensateurs de soins s'engagent à apporter aux patients les soins dont ils ont besoin. En Belgique, cela s’inscrit dans le cadre d’un système d’assurance soins de santé obligatoire, dans lequel l’INAMI intervient à la fois pour financer les dispensateurs et pour rembourser les patients. L'objectif est de leur permettre d'avoir une meilleure vue générale de leur pratique, de l’évaluer par rapport à celle de leurs confrères ou à des indicateurs de qualité et, si nécessaire, de l'ajuster. »
Deux types de données
Le portail web ProSanté propose deux types de données : des statistiques d’activité générales et des données portant sur des thématiques de soins précises. « Actuellement, les statistiques générales reprennent les prestations de santé attestées à l’assurance soins de santé et donnent une évolution sur les cinq dernières années. Ces statistiques s’étofferont au fur et à mesure pour offrir une vue globale, non seulement sur les prestations attestées, mais aussi sur les prescriptions de soins et de médicaments ou sur les attestations d’incapacité de travail.»
Ce qui est nouveau ? Les statistiques sont évolutives. Le médecin peut se faire ses propres graphiques afin d’anticiper.
Ne sont pas (encore) concernés : pharmaciens, aides-soignants, hygiénistes bucco-dentaires, psychologues et orthopédagogues.
Antibiotiques
Depuis le 9 avril, les MG peuvent s’apercevoir d’une « déviation manifeste » par rapport aux bonnes pratiques médicales quant à leurs statistiques de prescription d’antibiotiques. Les indicateurs antibiotiques avaient été définis en 2023 par le CNPQ (Conseil national de promotion de la qualité) pour que les MG fassent des prescriptions optimales. On leur avait alors adressé un premier « feedback individuel » pour tous ceux qui avaient prescrit au moins un antibiotique remboursé au cours des cinq années précédant la publication des indicateurs. ProSanté leur offre maintenant une vue dynamique de leur situation d’éventuel outlier (c’est le but).
ProSanté proposera dans les mois à venir d’autres « indicateurs de déviation manifeste » définis par le CNPQ. Sont concernés : chirurgie bariatrique, ménisectomie et prescription d’inhibiteurs de pompe à proton (IPP).