Vandenbroucke refuse de rembourser le Mounjaro, médicament contre l'obésité
Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), refuse de rembourser le Mounjaro, un médicament contre l'obésité commercialisé par le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly, rapporte mercredi L'Echo. Il estime qu'un remboursement à grande échelle serait irresponsable, tant sur le plan budgétaire que médical, sans accompagnement multidisciplinaire des patients.

Une décision similaire avait déjà été prise en juin concernant le Wegovy, produit par le laboratoire danois Novo Nordisk.
Le Mounjaro et le Wegovy connaissent un succès croissant en Belgique auprès des personnes souhaitant perdre du poids. Mais ces traitements restent coûteux: la dose la plus faible de Mounjaro revient à environ 179 euros par mois.
Actuellement, le Mounjaro et l'Ozempic sont remboursés sous certaines conditions pour les patients atteints de diabète de type 2, mais pas pour le traitement de l'obésité, qui touche 18% de la population belge, d'après Sciensano.
La porte à un éventuel remboursement n'est toutefois pas définitivement fermée. De nouveaux trajets de soins destinés aux adultes souffrant d'obésité sont en préparation et devraient voir le jour l'année prochaine. La place que pourraient y occuper les traitements médicamenteux est actuellement à l'étude.
Les derniers chiffres de l'Inami révèlent que près de 130.000 personnes ont bénéficié en 2025 d'un remboursement pour des médicaments de cette catégorie utilisés contre le diabète, soit près de quatre fois plus qu'en 2019. Les dépenses associées ont suivi la même évolution, passant de 30 à 122 millions d'euros sur la même période.
Regrets du laboratoire
Les Laboratoires Lilly "regrettent que le remboursement de Mounjaro® (tirzépatide)1 dans l'obésité n'ait pas été accordé et reste préoccupé par les conséquences pour les patients belges vivant avec l'obésité qui y sont éligibles. Alors que le remboursement des traitements contre l'obésité progresse dans plusieurs pays européens, l'accès en Belgique reste réservé aux patients qui peuvent financer eux-mêmes leur traitement."