Une "direction générale de la prévention"
DéFI propose d'économiser deux milliards par an grâce à un Pacte de prévention
DéFI propose la conclusion d'un Pacte national prévention grâce auquel la Belgique pourrait économiser plus de deux milliards d'euros.
Dans son rapport 2024 sur la performance du système de santé, le centre d'expertise fédéral KCE classe la Belgique à une mauvaise place pour la mortalité évitable par la prévention, alors qu'elle excelle dans la réparation.
Celle-ci consacre 1,8% de ses dépenses de santé à la prévention, contre 4% en moyenne dans l'UE.
Quelque 25.600 décès annuels sont attribuables aux facteurs de risque évitables, dont 12.500 au tabac. La longévité belge est trompeuse : 82,6 ans d'espérance de vie, mais seulement 64 ans en bonne santé.
"Fédéraliser" la prévention
Pour y remédier, les amarantes plaident pour une forme de fédéralisation de cette compétence éclatée entre12 ministres.
Une direction générale de la prévention serait créée au SPF Santé publique, le budget serait porté de 1,15 à 2,55 milliards d'euros par an et inscrit à l'INAMI, et les opérateurs de terrain existants - AViQ, Departement Zorg, Cocom, Cocof, ONE, Kind en Gezin - maintenus et financés en fonction d'objectifs.
Le financement viendrait d'une fiscalité repensée : une taxe sodas à paliers qui récompense la baisse de la teneur en sucre, là où la taxe belge actuelle frappe même les boissons sans sucre sans rien changer à la consommation ; une trajectoire pluriannuelle sur le tabac ; un prix minimum de l'alcool ; un Nutri-Score obligatoire.
3 milliards d'euros à l'horizon 2032-2033
Le plan s'autofinancerait dès la première année mais ne dégagerait que 0,35 milliard d'euros net sur la législature. L'essentiel du résultat budgétaire immédiat -1,8 milliard- viendrait d'un plan d'efficience dans les soins de santé (médicaments, actes médicaux, hôpitaux, administration) qui financerait également la prévention.
À terme, 4.000 à 6.000 décès prématurés seraient évités chaque année.
A l'horizon 2032-2033, les chiffres montent à 3 milliards d'euros nets, prévention intégralement payée. À terme, 4.000 à 6.000 décès prématurés seraient évités chaque année, et on compterait 50.000 malades de longue durée en moins par rapport à la tendance actuelle.
"Nous sommes les champions d'Europe de la réparation et les cancres de la prévention. Chaque année d'immobilisme coûte des milliers de vies et des milliards d'euros. Notre plan ne crée aucune structure nouvelle : il donne un cap, un budget et un payeur à ceux qui travaillent déjà sur le terrain. C'est le seul plan d'économies en santé qui commence par sauver des vies", souligne le député François De Smet.