Cabinet du ministre Frank Vandenbroucke
Le remboursement du vaccin HPV étendu jusqu'à 30, voire 45 ans
À partir du 1er juin prochain, le remboursement du vaccin Gardasil9® contre le HPV sera étendu à tous les jeunes adultes de 19 à 30 ans. Les groupes à haut risque - patients porteurs du VIH, patients qui ont subi une greffe de cellules souches et ceux en attente d’une greffe d’organe - bénéficieront du remboursement du vaccin jusqu’à l’âge de 45 ans, annonce le cabinet du ministre de la Santé.
"Ce vaccin fonctionne, et permet d’éviter beaucoup de souffrances", explique Frank Vandenbroucke par voie de communiqué. "Grâce à nos investissements et nos réformes dans le secteur des soins de santé, nous pouvons continuer à garantir l’accès à des soins abordables et de la meilleure qualité, même en cette période difficile."
Depuis 2017, les adolescents de 12 à 18 ans - les filles uniquement dans un premier temps, puis les garçons depuis 2022 - peuvent être vaccinés par le Gardasil9®. Les élèves en première année de l’enseignement secondaire se voient proposer gratuitement le vaccin à l’école via les entités fédérées.
Le ministre Vandenbroucke libère 6 millions d’euros pour cette extension de remboursement.
"Les jeunes qui ont manqué cette opportunité et qui souhaitent rattraper la vaccination paient 12,80 euros par dose ou 8,5 euros s’ils ont droit à une intervention majorée", rappelle le cabinet du ministre.
Extension jusqu'à 30 ans, voire 45 ans pour les groupes à risque
Jusqu’à présent, c’était possible jusqu’à 18 ans, mais le groupe cible va être élargi: tous les jeunes adultes de 19 à 30 ans non vaccinés pourront bénéficier d’un remboursement à partir du 1er juin 2026.
Vaccination contre les infections à papillomavirus humains
Pour les groupes à haut risque tels que les patients séropositifs, les patients ayant subi une greffe de cellules souches et les patients en attente d’une greffe d’organe, le remboursement s’applique jusqu’à 45 ans. "L’efficacité du vaccin diminue toutefois avec l’âge, notamment en raison d’une exposition réduite au HPV", rappelle le cabinet de la Santé publique.
Le prix public de ce vaccin est aujourd’hui de 120,59 euros en Belgique. Un schéma vaccinal complet comprend trois injections par patient : l’assurance maladie paie donc environ 323,37 euros par schéma vaccinal. De son côté, le patient paie 38,40 euros (3x12,80 euros de ticket modérateur).
Environ 60.000 vaccins supplémentaires devraient être administrés chaque année.
"Personne ne doit être oublié"
Pour la N-VA, la prévention par la vaccination et le dépistage restent la clé. "Les scientifiques indiquent qu’il est possible d’éradiquer les cancers liés au HPV. La Belgique doit donc continuer à viser l’objectif 90/90/2030 : d’ici 2030, 90 % du groupe cible doit être vacciné et 90 % doit être dépisté pour le cancer du col de l’utérus", souligne Kathleen Depoorter.
Si le parti se dit satisfait de l’extension du remboursement, il plaide pour un renforcement supplémentaire de la politique. "L’extension jusqu’à 30 ans est une bonne chose, mais il reste important de miser activement aussi sur la vaccination de rattrapage pour ceux qui étaient auparavant passés entre les mailles du filet. Personne ne doit être oublié."
Le HPV est responsable d’environ 5% de tous les cancers.
En Belgique, en 2022, 641 femmes ont reçu un diagnostic de cancer invasif du col de l'utérus (Sciensano) et 231 femmes sont décédées des suites d'un cancer du col de l'utérus.
Le HPV provoque également des affections bénignes comme des verrues génitales.
La vaccination offre une protection efficace contre les types de HPV les plus dangereux.