Un décès par heure lié au tabagisme en Belgique, selon Sciensano
Plus de 9.500 décès par an en Belgique sont liés à la consommation de tabac, soit plus d'un décès par heure, alerte vendredi Sciensano, à l'approche de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai. Selon l'institut de santé publique, le tabagisme représente un lourd poids financier pour le système de soins de santé.

La Belgique compte cependant de moins en moins de fumeurs : alors que 15,4% de la population de plus de 15 ans fumait quotidiennement en 2018, ce taux était descendu à 12,8% lors d'une enquête réalisée en 2023-2024. Toutefois, Sciensano précise que ces tendances progressent actuellement trop lentement pour atteindre l'objectif national d'une génération sans tabac d'ici 2040.
Malgré la baisse des taux de tabagisme, la cigarette est responsable d'environ 8% de l'ensemble des décès en Belgique, ce qui en fait l'une des principales cause des morts évitables, principalement en raison des cancers, maladies cardiovasculaires et maladies respiratoires chronique auxquelles elle contribue. Une étude menée en 2018 montre que le coût des soins de santé liés au tabagisme quotidien en Belgique étaient de l'ordre de 533 millions d'euros.
L'usage du tabac est socialement inégal, note Sciensano. Les plus concernés sont les hommes à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que les personnes les moins diplômées.
L'institut ajoute également que les modes de consommation évoluent, en particulier chez les jeunes, et qu'une partie de la baisse du tabagisme pourrait s'expliquer par un transfert vers des produits émergents à base de nicotine, notamment les cigarettes électroniques. "Si nous n'agissons pas à la fois sur le tabagisme traditionnel et les nouveaux produits à base de nicotine, nous risquons de maintenir le même fardeau de santé publique sous une autre forme", prévient Sarah Nayani, épidémiologiste chez Sciensano.
Rendre le tabac moins visible
L'institut a mené avec le SPF Santé publique une évaluation des mesures incluses dans le plan Génération sans tabac et indique que "les politiques qui rendent les produits du tabac moins visibles, moins accessibles et plus chers figurent parmi les moyens les plus efficaces pour réduire le tabagisme et prévenir les maladies et décès liés au tabac en Belgique".
Plusieurs mesures peuvent néanmoins encore être renforcées, notamment la prise en compte systématique du tabagisme dans le parcours de soins, l'amélioration de l'accès aux aides à l'arrêt ou le renforcement des connaissances des professionnels de santé en matière de sevrage tabagique, explique Sciensano, qui ajoute qu'une étude flamande de 2025 montre que 77,8 % de la population soutient les campagnes anti tabac.