La vague de chaleur de 2026 a coûté 24.750 années de vie perdues
Le plan interfédéral de lutte contre la chaleur doit être prêt d’ici l’été prochain
Lors de la vague de chaleur de fin juin, on a dénombré 2.112 décès de plus que prévu. La surmortalité ayant également touché des hommes en âge de travailler, la vague de chaleur a entraîné au total la perte de 24.750 années de vie. C'est ce qui ressort des analyses de Sciensano. Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, souhaite que le Risk Management Group (RMG) ait mis au point un plan interfédéral de lutte contre la canicule d'ici le mois de mai.
La vague de chaleur de cette année a été la plus meurtrière jamais enregistrée en Belgique. Entre le 18 juin et le 12 juillet inclus, 2.112 décès de plus que prévu ont été enregistrés, soit une surmortalité de 31,1 %. Sciensano a désormais réalisé une analyse plus détaillée de la mortalité.
La vague de chaleur a eu un impact généralisé, avec une surmortalité dans toutes les tranches d’âge adultes. Lors des vagues de chaleur précédentes, la mortalité liée à la chaleur se concentrait chez les femmes âgées.
Comme des personnes plus jeunes (ayant une espérance de vie plus élevée) sont également décédées, 24.750 années de vie ont été perdues au total, soit en moyenne 11,8 années perdues par décès supplémentaire. Les personnes de moins de 65 ans ne représentent que 17 % des décès supplémentaires, mais 42 % des années de vie perdues.
De grandes disparités
La Wallonie a enregistré à la fois la surmortalité relative la plus élevée et le nombre absolu le plus élevé de décès supplémentaires, notamment dans les arrondissements de Liège (+80,8 %), La Louvière (60,5 %) et Virton (+56,9 %). Sur la côte et dans l’ouest du pays, la surmortalité a été moins marquée.
Ce schéma géographique de la mortalité ne s’explique que partiellement par la répartition géographique des facteurs de risque météorologiques et environnementaux, tels que la température minimale nocturne, l’humidité relative et les concentrations d’ozone. Il existe d’autres facteurs potentiels, tels que le statut socio-économique, les conditions de logement et l’accès aux soins de santé, qui n’ont pas encore fait l’objet d’études, selon Sciensano.
Nouveau plan canicule
Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), a annoncé qu’un nouveau plan canicule était en cours d’élaboration. Le Risk Management Group (RMG) présentera les principes de ce plan à l’IMC Santé publique d’ici fin septembre.
« Il s’agit d’une nouvelle réalité climatique, et nous devons en reconnaître les dangers. » -
le ministre Frank Vandenbroucke
Le président du RMG, Bertrand Draguez, indique que le plan comportera cinq priorités.
Tout d’abord, il faut mettre en place une structure de gouvernance avec des rôles et des compétences clairement définis.
Une deuxième priorité est l’identification rapide des groupes vulnérables. Le ministre Vandenbroucke a fait référence à cet égard à la campagne de vaccination contre le Covid-19, dans le cadre de laquelle les groupes vulnérables ont été prioritaires sur la base des données fournies par les médecins généralistes et les mutuelles.
Le RMG plaide également en faveur d’un système de surveillance intégré et en temps réel permettant de suivre l’impact sanitaire des vagues de chaleur extrêmes. En cas de dépassement des seuils, des mesures telles que le report des soins programmables et l’intensification des activités pourraient s’avérer nécessaires. Dès le déclenchement d’une phase d’alerte, le comité Hospital & Transport Surge Capacity (HTSC) devrait suivre la charge de travail dans les hôpitaux.
En matière de communication, le RMG souhaite que des messages ciblés soient élaborés à l’intention de certains groupes cibles (tels que les personnes âgées, les femmes enceintes, les malades chroniques et les sportifs). Des kits de communication spécifiques doivent également être mis en place à l’intention des professionnels de santé et des établissements de santé.
Enfin, le RMG recommande de rendre obligatoire une analyse des risques liés à la chaleur pour les événements organisés par des professionnels. Il convient également de mettre en place un cadre homogène permettant de décider si un événement peut ou non avoir lieu pendant une période de canicule.
« Il n’est plus d’actualité de parler d’une vague de chaleur “exceptionnelle” », a conclu le ministre Vandenbroucke. « Il s’agit d’une nouvelle réalité climatique, et nous devons en prendre la mesure des dangers. Cela nous oblige à nous attendre à l’inattendu. »