Santé environnementale

La moitié de l'Europe exposée à des niveaux nocifs d'ozone

Des concentrations élevées de particules fines dues aux feux de forêt

Au cours des huit premiers mois de 2026, la combinaison d’une chaleur extrême et de la pollution atmosphérique a exposé durablement la moitié de la population européenne à des concentrations dangereuses d’ozone. C’est ce qui ressort de la première édition d’« Atmosphere Watch », le rapport sur l’atmosphère du programme européen d’observation de la Terre Copernicus.

Belga - 30 septembre 2026

L’ozone présent dans la couche inférieure de l’atmosphère - appelé ozone troposphérique - nuit à la santé humaine et aux écosystèmes. Ce gaz, également appelé « smog estival », se forme lorsque des polluants, tels que les oxydes d’azote (NOx) provenant notamment de l’industrie et des transports, réagissent sous l’effet du rayonnement solaire et des températures élevées, par exemple lors des vagues de chaleur. En 2026, ces facteurs se sont conjugués dans de nombreuses régions, entraînant de fortes concentrations d’ozone qui ont touché des milliards de personnes dans le monde.

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Répartition de la pollution atmosphérique en Europe, mars 2026 © Copernicus

Le seuil le moins strict fixé par l’Organisation mondiale de la santé pour l’exposition prolongée à l’ozone troposphérique s’élève à 100 microgrammes par mètre cube (µg/m³). Il correspond à la moyenne des concentrations quotidiennes maximales calculées sur huit heures, au cours des six mois consécutifs où les concentrations d’ozone sont les plus élevées.

En Europe, malgré les améliorations considérables enregistrées au cours des dernières décennies grâce à la directive européenne sur la qualité de l’air, pas moins de 50 % de la population a subi une exposition prolongée à des concentrations dangereuses au cours des huit premiers mois de l’année. Pour 12 % de la population, le niveau dépassait 100 µg/m³ et, pour 5 %, il excédait même 110 µg/m³. Pour 33 % supplémentaires, il se situait entre 90 et 100 µg/m³.

« En Europe, la succession rapide de vagues de chaleur durant les mois d’été a contribué à la forte exposition à l’ozone », indique le Service Copernicus de surveillance de l’atmosphère (CAMS). « Cela démontre une nouvelle fois le lien de plus en plus étroit entre les événements climatiques extrêmes et la qualité de l’air. »

Seule l’Asie présente une situation plus défavorable, devant l’Europe et l’Amérique du Nord. Quelque 90 % de sa population a subi une exposition prolongée à des concentrations considérées comme « mauvaises », « très mauvaises » ou « extrêmement mauvaises ».

La directrice du CAMS, Laurence Rouil, souligne la nécessité d’une approche coordonnée : « Cela rappelle une nouvelle fois l’urgence d’une action mondiale en faveur de la qualité de l’air, fondée sur des données scientifiques et menée de concert avec les mesures climatiques. Cette action n’est possible que grâce aux données disponibles en temps quasi réel que le service Copernicus met aujourd’hui à disposition. »

Des concentrations élevées de particules fines dues aux feux de forêt

La première édition d’« Atmosphere Watch » a également étudié deux autres phénomènes : les fumées des feux de forêt et les poussières désertiques. Tout comme l’ozone troposphérique, ces phénomènes ont dégradé la qualité de l’air sur plusieurs continents, démontrant ainsi que la pollution atmosphérique ne connaît pas de frontières.

Ainsi, en 2026, les panaches de fumée des feux de forêt canadiens ont traversé l’Atlantique jusqu’en Europe, où ils ont contribué à une hausse des concentrations de particules fines (PM2,5). Les « méga-incendies » en France, en Espagne et en Belgique ont également produit d’intenses panaches de fumée, avec des conséquences sur la qualité de l’air jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres des foyers d’incendie.

Par ailleurs, les poussières du Sahara se sont propagées à plusieurs reprises bien au-delà de l’Afrique du Nord. Le CAMS a suivi d’importants épisodes transfrontaliers de transport de poussières depuis l’Afrique de l’Ouest vers l’Atlantique Nord, jusqu’au Cap-Vert et aux îles Canaries, et même à travers l’Atlantique en direction des Caraïbes.

Avec ce nouveau rapport « Atmosphere Watch », le CAMS propose « une vue d’ensemble mondiale de l’état de l’atmosphère depuis le début de l’année 2026 », grâce à l’analyse de millions d’observations provenant de satellites, de stations de mesure au sol, d’avions et d’autres sources, précise Copernicus dans un communiqué. Ces observations sont combinées à un système mondial de prévision de la pollution atmosphérique.

Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) gère et met en œuvre le CAMS pour le compte de la Commission européenne.

Explorez les données du CAMS

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