États-Unis
Exécution ratée: la condamnée à mort toujours dans un état critique
La condamnée à mort qui a survécu à deux injections létales dans le Tennessee se trouve toujours dans un état critique et sous assistance respiratoire. Son pronostic vital est encore inconnu, selon un de ses avocats qui s'est exprimé sur la chaîne CNN.
Christa Pike (50 ans) devait être la première femme mise à mort depuis plus de deux siècles au Tennessee. Son exécution ratée, le 30 septembre, relance, depuis, les interrogations sur l'application de la peine capitale aux États-Unis.
Son avocat, Stephen Ferrell, affirme ne pas avoir pu rendre visite à sa cliente, inconsciente et sous assistance respiratoire, à l'hôpital où les médecins tentent toujours de retirer de son organisme les deux doses de pentobarbital, un puissant barbiturique, qui lui ont été administrées. Me Ferrell demande au gouverneur du Tennessee de "commuer sa peine en prison à vie", estimant qu'elle a subi du fait de cette exécution ratée "une grave torture mentale et physique".
Des défaillances manifestes
Le soir du 30 septembre, après les deux doses prévues par le protocole de mise à mort, la condamnée était toujours vivante, bien que dans un état grave. Un de ses avocats affirme l'avoir encore entendue parler après la première injection, d'autres témoins de l'exécution racontent l'avoir entendue haleter encore longtemps.
Selon ses avocats, les bras de la condamnée étaient "enflés, brûlés et couverts de cloques". L'un affirme avoir dénombré "au moins sept aiguilles rien que dans le bras gauche" de Christa Pike.
Les injections avaient été autorisées par la Cour suprême des États-Unis à la dernière minute, après une bataille juridique acharnée. Selon l'agence Associated Press, le protocole pénitentiaire ne précise pas ce qu'il faut faire si un détenu demeure en vie après la seconde seringue de Pentobarbital.
Selon un professeur de la faculté de médecine de l'Université Emory (Atlanta), le Dr Joel Zivot, la condamnée n'a "probablement jamais atteint un taux sanguin de pentobarbital suffisant pour provoquer une apnée et une insuffisance cardiovasculaire".
Un moratoire déjà pour cause de défaillances
Le gouverneur a directement ordonné la suspension des exécutions dans son État. Il a demandé une enquête indépendante sur l'échec de celle de Christa Pike et annoncé avoir accepté la démission du chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC).
Cette dernière affirme avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans l'État en mai 2025, après un moratoire de trois ans. Le gouverneur avait décrété ce moratoire à l'époque en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné.
Selon la BBC, l'utilisation du Pentobarbital dans les injections létales avait fait l'objet d'un nouvel examen l'année dernière après qu'une étude du gouvernement sous la présidence de Joe Biden avait soulevé des inquiétudes quant au potentiel du produit à causer des "douleurs et des souffrances inutiles".
Selon le Death Penalty Information Center (DPI) - une organisation qui fournit des statistiques et des recherches sur la peine de mort, plus d'un tiers des exécutions aux États-Unis avaient été bâclées ou s'avéraient très problématiques en 2022.
Christa Pike avait été condamnée à la peine capitale en 1995, alors qu'elle avait 18 ans, pour le meurtre d'une jeune fille de son âge.